Aller au contenu principal
Retour aux analyses
VTO Explorer8 min de lecture

VTO Explorer : comparer une collection sur son propre visage

Six portraits du visage d’une même femme, chacun avec une monture solaire différente, disposés en grille sur fond clair.
Une seule capture, toute la collection sur le même visage.

VTO Explorer réutilise une capture guidée du visage pour montrer plusieurs montures sur ce même visage et permettre leur comparaison. Sur une fiche produit, l’essayage virtuel intervient lorsqu’une monture a déjà attiré l’attention. Une part importante du choix se joue pourtant en amont : décider quelles montures méritent un examen plus détaillé. VTO Explorer permet de les voir portées dès cette étape. Cela change la façon de comparer les montures, l’effort initial demandé par l’expérience et les critères d’évaluation de sa qualité.

Dans un catalogue classique, les produits sont comparés à partir de photographies de produits seuls ou de photos portées réalisées avec différents mannequins. Le visiteur doit transposer mentalement ces représentations sur son propre visage. Dans l’exploration personnalisée, la relation entre la monture et le visage fait directement partie de la présentation de l’assortiment.

Ce changement a des conséquences qui dépassent le remplacement des images dans les vignettes produit. L’expérience doit permettre de comparer les variantes, préserver la qualité de la capture et aider à constituer une sélection sans confondre ce qui a fait l’objet d’un rendu avec ce qui a réellement été évalué.

Un repère commun change la comparaison entre les montures

Dans l’essayage en direct, la représentation suit le flux de la caméra et les mouvements du visage. Avec VTO Explorer, une capture guidée fournit des images et des repères géométriques réutilisés pour composer les vues des différentes variantes. La capture peut comprendre plusieurs poses, ensuite rappelées au cours de l’exploration.1

Réutiliser le même repère permet de garder certains éléments de comparaison constants : le visage, la pose capturée, le cadrage et les conditions de prise de vue. La différence entre deux images concerne alors surtout les montures présentées et leur rendu. Cela peut aider à distinguer le rapport entre la face de la monture et le visage, la ligne supérieure ou l’effet d’un coloris sans avoir à reconstituer le contexte visuel à chaque fois.

La comparaison exige toutefois que la présentation préserve les différences physiques. Si chaque image est agrandie pour remplir la vignette, deux calibres différents peuvent sembler avoir des dimensions similaires. Harmoniser la présentation dans l’interface et conserver une échelle cohérente avec le produit sont deux opérations distinctes, à évaluer ensemble.

La pose joue elle aussi un rôle. La vue de face permet de lire une partie de la relation entre la monture et le visage ; une vue de côté apporte des informations sur les branches et le profil. Pour comparer deux montures, il faut savoir si les poses observées sont équivalentes et quelles vues sont réellement disponibles.

La qualité de la capture se répercute sur toute la sélection

Réutiliser une seule capture réduit la nécessité de répéter le parcours, mais en propage les conditions à toutes les représentations suivantes. Un cadrage problématique, un repère géométrique imprécis ou une zone du visage mal segmentée peuvent affecter tout un groupe de montures.

Une femme sans lunettes, vue de face, tient son téléphone levé pour la capture guidée de son visage.

Une seule capture : ses défauts se répètent sur chaque monture.

Il faut donc distinguer les erreurs partagées par plusieurs montures des erreurs propres à un produit. Si de nombreuses montures semblent décalées de la même façon, la vérification doit porter sur le repère du visage et le positionnement commun. Si l’anomalie ne concerne qu’une variante, il faut aussi vérifier son modèle 3D et les informations associées. Observer le défaut sur plusieurs images issues de la même capture ne revient pas à le vérifier sur plusieurs captures indépendantes.

Le contrôle initial doit donc permettre de repérer les conditions qui compromettent l’utilisation ultérieure : pose inadaptée, visage partiellement masqué, éclairage défavorable ou difficultés lors de la capture. Pouvoir examiner et refaire la capture permet de corriger le repère avant de l’utiliser sur d’autres produits.

La qualité finale dépend aussi de l’interaction entre les lunettes et le visage. Les travaux de recherche MEGANE, présentés à CVPR 2023, montrent la complexité d’une représentation qui réunit géométrie, points de contact, ombres et matériaux, notamment le métal et le plastique translucide.2 Une bonne photographie de départ ne suffit pas à résoudre ce problème : la représentation de la monture doit être fidèle et la composition doit respecter sa relation avec le visage.

Image personnalisée et conseil pour choisir sont deux fonctions différentes

Montrer plusieurs montures sur le même visage donne au visiteur un repère personnel pour les comparer. Cela ne signifie pas que le système classe les produits selon leur adéquation ou qu’il a déterminé quelle monture choisir.

Le classement peut dépendre de la campagne, de l’assortiment ou des priorités de la marque. Un filtre peut utiliser les caractéristiques déclarées du produit. Un système de recommandation exige, lui, ses propres critères, des données et une évaluation de la qualité des suggestions. La conception doit permettre de comprendre laquelle de ces logiques organise la sélection.

La distinction vaut aussi pour l’ajustement. Une représentation peut aider à juger les proportions et l’aspect, tandis que la pression des branches, les points d’appui physiques et le confort dans la durée nécessitent d’autres vérifications. Les dimensions de la monture et l’échange avec l’opticien gardent donc leur place dans le parcours.

L’apport propre à VTO Explorer est de rendre l’image de la monture portée disponible pendant la navigation. Le choix des produits à présenter, des attributs à afficher et de l’aide éventuelle à proposer relève toujours de la conception commerciale et de l’interface.

La capture initiale doit être évaluée au regard de l’objectif du visiteur

Une capture guidée demande un effort avant de pouvoir voir les résultats. Sa valeur pour la personne dépend du nombre d’options qu’elle souhaite explorer et de la façon dont la comparaison personnalisée l’aide à les distinguer.

Pour une personne qui doit vérifier une seule monture déjà choisie, lancer l’essayage en direct peut être un parcours adapté. Pour une personne qui constitue une première sélection, réutiliser la capture sur plusieurs produits peut répartir cet effort initial sur une plus grande partie de la recherche. Il n’existe toutefois aucun nombre universel de montures au-delà duquel un parcours devient préférable : le déroulement proposé et les conditions réelles d’utilisation sont déterminants.

La promesse formulée avant la capture doit préciser le résultat attendu. La personne doit pouvoir comprendre qu’elle verra la collection sur son propre visage et disposer d’un moyen de continuer à la consulter sans activer ce mode. Si les résultats arrivent progressivement, leur état de préparation doit également être compréhensible.

Le traitement de la capture relève d’un autre choix d’architecture. Le traitement local, le stockage dans le navigateur et l’éventuel envoi des images sont des opérations différentes. La conception doit définir lesquelles sont prévues dans le déploiement retenu, combien de temps les données sont nécessaires et comment la personne peut annuler l’adaptation de l’expérience à son visage. La possibilité d’effectuer le rendu sur l’appareil ne décrit pas, à elle seule, tous les flux de données du service. La clarté sur ce point fait partie de l’expérience. Dans la recherche sur l’essayage virtuel de lunettes, la présence spatiale est associée à une plus grande sérénité au moment de décider. Ce lien s’atténue lorsque les préoccupations concernant les pratiques de confidentialité augmentent.3

Le catalogue personnalisé doit pouvoir être parcouru pendant sa préparation

Un assortiment étendu peut nécessiter de nombreuses compositions : chaque variante peut être représentée dans les poses capturées. Un exemple purement illustratif de 24 variantes avec deux poses donne 48 images possibles, avant même de prendre en compte d’autres produits ou de nouvelles captures.

Ce travail n’a pas nécessairement à être terminé avant toute interaction. Une préparation progressive peut donner la priorité aux produits visibles et à ceux demandés par la personne, tout en gardant les images déjà obtenues disponibles. L’orchestration de VTO Explorer sépare la capture de la préparation des images et gère le rendu par groupes de variantes, en tenant également compte de leur visibilité.4

Ce choix implique un compromis. Préparer de nombreuses vues à l’avance peut accélérer la comparaison ultérieure, mais mobilise le réseau, la mémoire et les capacités graphiques pour des contenus qui ne seront peut-être jamais vus. N’en préparer que quelques-unes concentre le travail sur les produits pertinents, mais peut entraîner des temps d’attente pendant le défilement ou le changement de filtres.

L’ordre d’affichage doit lui aussi rester compréhensible. Si une vignette affiche le visage de la personne avant une autre parce que son modèle 3D arrive plus vite, cela ne doit pas ressembler à une recommandation du système. Un résultat en retard et un produit exclu par le filtre correspondent à des états différents, tout comme une vue indisponible et une variante qui ne peut pas être vendue.

Le contrôle qualité doit tenir compte de ces cas, au-delà de la rapidité d’affichage de la première image. La stabilité de la grille, le maintien des filtres et le comportement après une nouvelle capture font partie de l’expérience de comparaison.

Afficher davantage de produits ne garantit pas un choix plus simple

L’affichage sur le visage peut rendre la comparaison plus immédiate sans réduire automatiquement le nombre d’options que la personne doit évaluer. L’objectif de conception dépasse donc le simple décompte des montures montrées.

La recherche sur la surcharge de choix invite à éviter les généralisations. La méta-analyse de Scheibehenne, Greifeneder et Todd a constaté un effet moyen quasiment nul, accompagné d’une forte variabilité entre les études.5 Les travaux ultérieurs de Chernev, Böckenholt et Goodman identifient des conditions pertinentes, comme la complexité de l’ensemble des options, la difficulté de la tâche, l’incertitude des préférences et l’objectif de la décision ; en tenant compte de ces facteurs, les auteurs trouvent un effet global significatif, contrairement à la méta-analyse précédente.6 Les deux travaux divergent sur le résultat moyen et s’accordent sur ce qui compte pour la conception : les conditions dans lesquelles le choix s’effectue.

Pour un catalogue de lunettes, la conséquence est d’organiser la comparaison : des attributs cohérents, des filtres utiles, des variantes reconnaissables et un moyen de conserver les montures déjà envisagées. Une personne qui souhaite explorer librement une collection et une personne qui doit choisir entre trois options ont des besoins différents.

Une éventuelle sélection enregistrée ou un passage vers un examen plus détaillé doivent conserver la référence de la variante. Si le client ne reconnaît que l’image sur son propre visage, mais perd la référence de la monture et son coloris lorsqu’il ouvre la fiche produit, le bénéfice de la comparaison s’interrompt au changement de vue.

Mesurer la contribution à la sélection

Pour évaluer VTO Explorer, il est essentiel de distinguer les captures terminées, les images ayant fait l’objet d’un rendu, les images effectivement affichées et les interactions volontaires. Le moteur peut produire de nombreuses représentations à la suite d’une seule action initiale : ce nombre décrit le travail effectué par le système, et non autant de décisions du visiteur.

Une analyse utile comprend au moins deux étapes. La première évalue la capacité à passer de la demande d’affichage sur le visage à un ensemble de résultats utilisables, en observant les délais, les abandons et les problèmes. La seconde porte sur ce que la personne fait de ces résultats : resserrer sa sélection, examiner une monture de plus près, revenir la comparer ou poursuivre vers le canal de vente.

Les possibilités d’exposition comptent. Un produit préparé plus tôt, placé plus haut ou inclus dans les filtres initiaux peut recevoir davantage d’interactions. Pour interpréter une préférence, il faut des informations sur la présentation, en plus du nombre de consultations. Les indicateurs doivent être définis et vérifiés dans l’intégration réelle, sans supposer que chaque étape est déjà enregistrée.

Le temps passé peut lui aussi avoir plusieurs significations : une exploration intéressée, l’attente de la préparation ou une difficulté à décider. La comparaison avec l’expérience précédente doit donc tenir compte à la fois de la qualité opérationnelle et de l’objectif du visiteur. Un effet sur les achats ou les retours nécessite une évaluation supplémentaire, selon le protocole présenté dans l’analyse consacrée au projet pilote.

VTO Explorer permet d’intégrer son propre visage à l’exploration d’une collection. La valeur de ce mode dépend de la capacité à garder les produits comparables, à rendre la préparation des résultats transparente et à accompagner une sélection identifiable jusqu’à son examen détaillé. C’est cette continuité qui permet d’évaluer la contribution de l’exploration personnalisée au choix des lunettes.

Sources

  1. Knowledge Base ARShades, VTO Explorer, Overview, distinction entre capture et rendu des variantes et essayage en direct. ↩

  2. Li, J., Saito, S., Simon, T., Lombardi, S., Li, H. et Saragih, J. (2023), MEGANE — Morphable Eyeglass and Avatar Network, CVPR, pp. 12769–12779. ↩

  3. Hilken, T., de Ruyter, K., Chylinski, M., Mahr, D. et Keeling, D. I. (2017), Augmenting the eye of the beholder, Journal of the Academy of Marketing Science, 45, 884–905 ; étude 4, menée avec un miroir virtuel pour lunettes de soleil. ↩

  4. Knowledge Base ARShades, VTO Explorer, Structure, niveaux de capture, d’orchestration et de rendu. ↩

  5. Scheibehenne, B., Greifeneder, R. et Todd, P. M. (2010), Can There Ever Be Too Many Options — A Meta-Analytic Review of Choice Overload, Journal of Consumer Research, 37, 409–425, DOI 10.1086/651235 ; notice du dépôt de l’Université de Bâle. ↩

  6. Chernev, A., Böckenholt, U. et Goodman, J. (2015), Choice overload — A conceptual review and meta-analysis, Journal of Consumer Psychology, 25, 333–358, texte publié sur le site de l’auteur. ↩

Partager

Envoyez l’article à un collègue ou enregistrez le lien.