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Infrastructure AR6 min de lecture

De la fonctionnalité à l’infrastructure : repenser l’AR pour le numérique en lunetterie

Une monture noire en acétate aux verres ambrés au centre, reliée à ses usages tout autour : une fiche produit sur un téléphone, un maillage filaire 3D, un catalogue imprimé, l’image d’un mannequin qui la porte sur une tablette et un présentoir en magasin.

Une marque ajoute l’essayage virtuel à sa boutique en ligne pour une raison claire : aider les clients à juger une monture avant de l’acheter. L’expérience apparaît sur une fiche produit, mais le travail qui la rend possible commence ailleurs. Chaque monture physique a besoin d’une représentation numérique fiable : sa géométrie, ses proportions, ses matériaux, ses variantes de coloris et ses verres doivent rester reconnaissables lorsque la monture suit les mouvements du visage.

Cet investissement peut répondre à un objectif bien plus large. Une fois la collection disponible sous forme numérique, la question passe de « Où ajouter l’essayage ? » à « Où une représentation fidèle de ce produit serait-elle aussi utile ? ».

Une monture s’adresse à plusieurs publics

Le client veut savoir comment une monture lui va. Il peut aussi vouloir examiner la charnière, voir la forme de profil ou comparer les variantes de verres et de coloris. Un outil de visualisation 3D interactif répond à un autre aspect de cette décision qu’un miroir virtuel. Une étude sur un miroir virtuel pour lunettes, publiée dans le Journal of the Academy of Marketing Science, a constaté que le sentiment de présence qu’il crée peut rendre les clients plus à l’aise avec leur choix, même si cet effet s’atténue lorsqu’ils s’inquiètent du respect de leur vie privée. L’étude a mesuré à quel point les clients se sentaient à l’aise avec leur choix, ainsi que leurs intentions, sans mesurer les ventes.

Avant que cette monture arrive jusqu’au client, un acheteur peut devoir évaluer une collection entière, une équipe commerciale peut devoir la présenter sur plusieurs marchés et un opticien peut devoir montrer des montures absentes du stock physique du magasin. En 2021, Silhouette a ouvert un Digital Showroom dans lequel les professionnels de l’optique pouvaient explorer ses dernières collections depuis leur bureau ou leur domicile, avec des consultations individuelles menées par ses experts. adidas indique que son propre Digital Showroom a rendu les réunions de vente à distance aux revendeurs plus engageantes grâce à des échantillons numériques en 3D, et a même amélioré son carnet de commandes. À l’ouverture de son magasin de Vienne, Mister Spex a associé aux quelque 900 montures exposées un accès virtuel à l’intégralité de sa gamme de plus de 10 000 montures issues de plus de 100 marques.

Ce sont des décisions distinctes, prises par des personnes différentes. La monture numérique les relie.

Les images produit s’inscrivent dans la même démarche

Un modèle 3D que l’on peut examiner de façon interactive peut également servir à produire des images fixes. L’angle de prise de vue, l’éclairage, le fond et la variante peuvent changer, tandis que la monture reste cohérente d’une image à l’autre. Ryders Eyewear a utilisé des fichiers 3D de production existants pour créer les images de son site et de ses catalogues imprimés avant l’arrivée des échantillons physiques, selon un cas client publié par son partenaire de production.

Les images numériques peuvent aller plus loin. Le partenaire de production qui réalise les rendus des lunettes Specsavers décrit la création d’images produit pour des lancements successifs et l’intégration de montures numériques dans des photographies de mannequins ; les équipes régionales et internationales ont ensuite utilisé ces contenus bien au-delà des prises de vue produit initiales.

Des rendus fidèles peuvent également servir de références produit pour des photos portées générées par IA. Cela élargit la diversité des visages, des décors et des formats qu’une marque peut explorer. Cela rend aussi la vérification indispensable : une image convaincante n’est utile que si la monture montrée reste bien celle qui est vendue. La recherche sur les lunettes et les visages numériques (MEGANE, CVPR 2023) montre à quel point cette tâche est exigeante, notamment aux points de contact entre la monture et le visage, dans les ombres qu’ils projettent l’un sur l’autre et pour des matériaux comme le métal et le plastique translucide.

La même base visuelle peut donc servir à une fiche produit, une présentation aux acheteurs, un catalogue imprimé, une campagne sur les réseaux sociaux ou un présentoir en magasin. Chaque réalisation peut nécessiter sa propre préparation. L’intérêt est de partir d’une représentation du même produit, plutôt que de la recréer pour chaque brief.

Le travail peut commencer avant le lancement

Ce processus n’a pas forcément à commencer par une monture terminée dans un studio photo. Les données de conception et de production peuvent aider les équipes à évaluer une monture, à présenter des variantes et à préparer des contenus visuels pendant que les échantillons physiques sont encore en cours de fabrication. Les designers de Silhouette travaillent à partir de données CAD, produisent des rendus 3D pour montrer les coloris et les finitions, puis testent les premières montures pour vérifier leur fonctionnement, leurs dimensions et le confort au porté (DEVELOP3D). Marcolin construit un prototype physique de chaque nouveau produit, en utilisant notamment des imprimantes 3D, et finalise ses collections à l’aide de rendus, de fiches techniques et de supports de présentation (Rapport de développement durable 2025). Le cas Ryders montre comment la géométrie de production est adaptée aux images commerciales avant la livraison des échantillons.

La même monture de lunettes de vue dans trois états : un dessin technique au crayon, un modèle 3D gris et le produit fini en écaille.

Les modèles 3D utilisés pour la fabrication, l’AR en temps réel et les images finales des campagnes répondent à des exigences techniques différentes. Relier ces processus ouvre néanmoins une possibilité : les décisions prises pendant le développement du produit peuvent guider ce que les acheteurs et les clients verront ensuite, et les modifications approuvées du produit peuvent être répercutées dans toutes les représentations ultérieures.

Quand la réutilisation devient une infrastructure

EssilorLuxottica décrit une Render Factory centralisée qui numérise l’intégralité de son catalogue de lunettes et produit les contenus visuels destinés à ses plateformes e-commerce, à ses canaux de vente numériques B2B et à ses services de personnalisation des produits (Document d’enregistrement universel 2022). Son Document d’enregistrement universel 2025 décrit un showroom numérique avec des rendus haute définition et des vues à 360 degrés, devenu une plateforme de vente à distance, aux côtés d’outils en magasin qui associent réalité augmentée et essayage virtuel. C’est un exemple concret de représentation numérique du produit devenue une capacité opérationnelle commune à plusieurs fonctions et canaux.

À cette échelle, l’infrastructure dépasse le stockage de fichiers 3D. Pour chaque modèle 3D, les équipes doivent identifier le produit physique et la variante représentés, ainsi que la référence SKU associée. Elles doivent savoir quelle version a été approuvée, où elle est publiée et quelles images en sont issues. Elles doivent pouvoir corriger un coloris, remplacer un modèle 3D ou préparer une nouvelle collection en préservant la cohérence sur tous les supports de diffusion.

La fidélité donne sa valeur à la réutilisation

La qualité prend davantage d’importance à mesure que la réutilisation augmente. Dans le cas Specsavers, des images produit numériques inexactes avaient contribué à des réclamations et à des retours clients. Un petit écart sur une seule image pose déjà problème ; s’il se propage dans un catalogue, une campagne et une expérience d’essayage, sa portée est bien plus grande.

L’essayage virtuel peut être la première raison de numériser une monture. L’opportunité durable réside dans un socle numérique fiable pour les produits, qui continue à créer de la valeur à mesure que de nouveaux besoins apparaissent dans la conception, la vente, le marketing et les magasins.

Chez ARShades, ce principe guide notre travail. Pour chaque monture, nous partons des éléments de la marque — fichiers CAD ou 3D, mesures, coloris déclarés et images de référence — et vérifions la représentation numérique par rapport à ces éléments avant de la diffuser. Le modèle 3D approuvé alimente ensuite le Virtual Try-On et le 3D Viewer, dans la version adaptée à chacun. La qualité d’une expérience numérique en lunetterie commence par la fidélité avec laquelle elle représente les lunettes elles-mêmes.

#ARStrategy#Infrastructure

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